Les bons réflexes à adopter en cas d’accident de la route

Un appel aux secours trop tardif réduit de moitié les chances de survie lors d’un accident grave. La loi impose à tout témoin de porter assistance, mais la méconnaissance des gestes à adopter demeure fréquente. Certains pays sanctionnent sévèrement l’inaction, tandis que d’autres insistent sur la formation régulière des citoyens.En France, près de 40 % des témoins hésitent à intervenir, faute de savoir comment agir. Pourtant, quelques actions simples permettent de sauver des vies en attendant l’arrivée des professionnels. La sensibilisation à ces gestes reste encore inégale sur le territoire.

Pourquoi chaque seconde compte lors d’un accident de la route

Lorsqu’un accident de la route survient, l’urgence ne laisse aucune place à l’hésitation. Les secondes qui filent sont celles qui décident du sort des victimes. Les données sont sans appel : intervenir rapidement, c’est parfois offrir une seconde chance à ceux qui, sans ce geste, n’en auraient pas. Les premières minutes, baptisées « minutes d’or », sont celles où tout se joue. Face à la scène, rester passif ou agir fait toute la différence.

Face à une personne en détresse, quand la respiration se coupe ou qu’une hémorragie menace, l’attente n’est plus une option. Les secours mettent en général entre dix et quinze minutes à arriver, voire davantage sur des routes isolées ou encombrées. Le tout premier réflexe consiste à appeler le 112 ou le 18. Mais ce n’est pas tout : il faut pouvoir décrire précisément le lieu de l’accident, indiquer le nombre de victimes, la nature des blessures, et signaler tout risque supplémentaire (incendie, produits toxiques, circulation difficile).

Pour agir efficacement, voici les priorités à respecter, peu importe votre expérience :

  • Protéger la zone afin d’éviter d’autres accidents et d’alerter les autres usagers.
  • Prévenir les secours sans attendre : le temps est compté.
  • Mettre les victimes en sécurité, sans les déplacer sauf si la situation impose un risque immédiat (incendie, explosion).

Chaque année, la route arrache la vie à près de 3 200 personnes en France, et blesse durablement des milliers d’autres. Ce constat, partagé à travers l’Europe, rappelle la nécessité de maîtriser les premiers gestes. Le rôle du témoin, avant même l’arrivée des secours, lance la première chaîne d’entraide. Ici, la rapidité n’a de valeur que si elle s’accompagne de méthode : une intervention réfléchie transforme parfois un drame en issue favorable.

Quels gestes essentiels adopter face à une victime ?

Arrêtez-vous à distance prudente, coupez le moteur, et enfilez votre gilet réfléchissant pour être visible. Inutile de céder à la panique : prenez une inspiration, observez, et évaluez l’état de la victime. Respire-t-elle ? Réagit-elle à la voix ou au contact ? Si rien ne bouge, l’urgence est d’appeler les secours et de donner toutes les informations nécessaires, tout en gardant la ligne ouverte.

Ensuite, approchez-vous avec calme. Devenir sauveteur ne s’improvise pas, mais garder la tête froide est déjà une force. Si la victime est consciente, quelques mots rassurants ou un regard posé peuvent déjà soulager la détresse. S’il n’y a pas de danger immédiat, mieux vaut ne pas déplacer la personne. Si une hémorragie s’impose, pressez la plaie avec ce que vous avez sous la main : ce simple geste peut stopper le pire.

Devant une victime inconsciente qui respire, placez-la en position latérale de sécurité (PLS) : allongée sur le côté, tête relevée, bouche ouverte, jambe fléchie. Ce réflexe simple évite l’étouffement. Si la respiration s’arrête, il faut débuter le massage cardiaque immédiatement : trente pressions sur le thorax, deux insufflations, et continuer jusqu’à ce que les secours prennent le relais. Avec un défibrillateur automatisé externe (DAE) à portée de main, il suffit de suivre les indications vocales.

Ne tentez jamais d’extraire un blessé coincé sauf si un incendie ou une explosion menace. Observer, analyser la situation, c’est agir avec discernement. Sur la chaussée, trois mots guident chaque geste : protéger, alerter, secourir. Ce triptyque demeure la boussole, même dans les situations les plus tendues, jusqu’à l’arrivée des professionnels.

Se former aux premiers secours : un engagement citoyen accessible à tous

Se préparer aux gestes de secours n’impose ni condition d’âge, ni aptitude physique particulière. Tout le monde peut s’y initier. La formation Prévention et secours civique de niveau 1 (PSC1) constitue la référence en France. Elle se déroule sur une journée, proposée par la Croix Rouge, les pompiers ou toute association agréée. On y apprend à alerter, sécuriser une zone, évaluer la conscience et la respiration, débuter un massage cardiaque, utiliser un défibrillateur ou stopper une hémorragie. Tout se fait étape par étape, dans un cadre collectif.

Les applications mobiles et supports numériques viennent compléter ces apprentissages, permettant à tous de s’entraîner à tout âge, de l’enfant au senior. Se préparer, c’est aussi anticiper d’autres situations : accident domestique, intoxication au monoxyde de carbone, noyade. La clé, c’est la répétition, et le partage de ces réflexes autour de soi pour qu’ils deviennent une seconde nature.

Quelques chiffres clés

Pour mesurer le chemin à parcourir et les progrès possibles, quelques données valent le détour :

  • Moins de 40 % des Français adultes ont suivi une formation aux gestes de premiers secours.
  • Le PSC1, proposé partout, coûte généralement entre 40 et 60 euros.

L’article 223-6 du code pénal précise qu’une absence d’assistance peut entraîner des poursuites pour non-assistance à personne en danger. Prévention, transmission et mobilisation collective dessinent une société plus réactive, sur la route comme ailleurs. Face à l’accident, savoir quoi faire est loin d’être un détail : parfois, un simple geste fait basculer le récit d’une vie.

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